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23.04.2021 | PLANTER AU LIEU DE SEMER : UNE INNOVATION DANS LA CULTURE DE LA BETTERAVE SUCRIÈRE

Le sucre suisse produit de manière écologique est très prisé. Cultiver des betteraves sucrières sans produits phytosanitaires est un défi majeur. La forte demande de sucre bio en provenance de Suisse ne peut pas être satisfaite actuellement. Des agriculteurs novateurs réalisent, pour la première fois à grande échelle, des essais pour voir si le repiquage de plantons peut simplifier la culture par rapport au semis traditionnel.
De plus en plus de consommatrices et de consommateurs veulent acheter du sucre issu de cultures durables. Les ventes de sucre bio ont augmenté depuis 2014 de 30 à 690 tonnes en 2020. Dans le même laps de temps, la surface de betteraves pour la production de sucre bio est passée de 7 à 180 hectares et du sucre IP-Suisse est produit depuis 2017. Avec une part de la surface de 1.1%, le sucre bio est actuellement une production de niche qui n'est de loin pas en mesure de répondre à la demande. L'ensemble de la branche du sucre en Suisse veut donc exploiter le grand potentiel du marché et promouvoir la culture des betteraves sucrières bios et IP en Suisse en la rendant ainsi plus durable. Les efforts de promotion du sucre bio suisse sont soutenus par la Confédération et divers partenaires avec un projet de promotion de la qualité et de la durabilité (OQuaDu).

UNE MÉTHODE AVEC UN POTENTIEL DE MARCHÉ

La culture de betteraves sucrières sans pesticides de synthèse est délicate et demande beaucoup de travail (voir encadré). Des agriculteurs et des vulgarisateurs novateurs ont mis en place, depuis deux ans, des essais pratiques dans différents endroits en Suisse pour voir si le repiquage de plantons de betteraves pouvait simplifier la culture. Cette année, des essais seront réalisés sur une surface de 60 hectares et atteindront ainsi une échelle représentative au niveau du marché. Environ 80'000 plantons, d'une hauteur de 10-14 cm, sont plantés par hectare. La période de croissance peut ainsi être prolongée et la phase délicate du développement juvénile au champ raccourcie. Les plantes de betteraves sucrières ont une longueur d'avance par rapport aux mauvaises herbes et aux ravageurs, telles que les limaces et les altises. De plus, cette technique facilite le désherbage mécanique réalisé par les sarcleuses.

UNE ALTERNATIVE INTÉRESSANTE

L'élevage de plantons en est encore à ses débuts. Les jeunes plantons sont issus de cultures biologiques contrôlées. Les coûts s'élèvent à environ 3'000 francs par hectare, auxquels s'ajoutent les frais de machines et de main d'œuvre. La plantation de plusieurs rangs est un défi logistique et une pluviométrie suffisante est nécessaire pour assurer un bon enracinement des jeunes plantes. Les résultats des deux premières années d'essais sont prometteurs. Les rendements moyens d'environ 65 tonnes par hectare sont plus élevés que dans les parcelles témoins bios semées. Grâce à la réduction de la main d'œuvre, le revenu par heure de travail a été amélioré malgré les coûts élevés du repiquage. Les essais des prochaines années montreront si, à l'avenir, la plantation de betteraves sucrières à grande échelle peut se développer comme alternative au semis.

LA BETTERAVE SUCRIÈRE : PLANTE DÉLICATE ET SUCRÉE

La betterave sucrière est semée tout au début du printemps et se développe à partir d'un germe fragile pour devenir une plante imposante avec une racine sucrée de plus d'un kilo. Au cours de leur croissance, les petites betteraves sont particulièrement exposées à la concurrence des mauvaises herbes et aux attaques de ravageurs et maladies. Alors que les betteraves sucrières cultivées de manière conventionnelle sont protégées par des produits phytosanitaires, celles des cultures biologiques sont dépendantes d'un développement juvénile rapide pour survivre durant cette phase délicate. La lutte contre les mauvaises herbes est un défi majeur dans la culture de betteraves sucrières bios. Les bonnes années, le temps consacré au sarclage mécanique et au désherbage manuel peut atteindre environ 100 heures par hectare. Les années difficiles, le temps de travail peut doubler, voire tripler.

Si vous utilisez les images annexées, veuillez citer "Image Thomas Alföldi FiBL".

POUR PLUS DE RENSEIGNEMENTS, CONTACTER :


Josef Meyer, Président FSB, josef.meyer@domaineducrest.ch; 079 606 10 21
Milo Stoecklin, vulgarisateur bio, Fondation Rurale Interjurassienne FRIJ; milo.stoeklin@frji.ch; 079 459 79 91
Bio Suisse, David Herrmann, responsable du service de presse, david.herrmann@bio-suisse.ch; 078 822 71 03
Raphael Wild, responsable de la communication, Sucre Suisse SA, r.wild@zucker@ch; 079 622 18 65
Centre betteravier suisse, Aarberg info@zuckerrueben.ch 032 931 68 00

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